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Capitale du Liban-Nord et seconde ville du pays (plus de 500 000 habitants), Tripoli (Trablos) recèle d'innombrables vestiges parmi lesquels une quarantaine de monuments historiques, datant pour la plupart du XIVe siècle : la citadelle Saint-Gilles, une douzaine de mosquées Mamelouks et ottomanes, autant de madrasas (écoles coraniques) et plusieurs khans (caravansérails) et des hammams (bains publics). Les souks et les khans constituent des espaces où tailleurs, bijoutiers, parfumeurs, tanneurs, fabricants de savon et autres corps de métiers, se regroupent dans un environnement animé et plein de charme.

 

Comment y arriver ?

A 85 km au nord de Beyrouth, l’accès à Tripoli est facilité par la voie rapide dès la sortie de Beyrouth.

 

Histoire

Bien que des sources historiques et quelques vestiges archéologiques permettent aujourd'hui d'affirmer que Tripoli existait déjà au XIVe siècle av. J.-C., l'histoire de la ville ne peut être suivie avec une relative précision qu'à partir du IXe siècle avant notre ère. A cette période, les Phéniciens établissent sur la pointe occidentale de la presqu'île un comptoir qui deviendra, à l'époque perse, le siège d'une confédération groupant les Sidoniens, les Tyriens et les Aradiens. Le site, doté de ports naturels et protégé par un chapelet d'îlots, commande l'une des voies militaires et commerciales les plus importantes de la région.

Au cours de l'époque hellénistique, sous les successeurs d'Alexandre le Grand, Tripoli sert de base navale et accède plus tard à une certaine autonomie. La ville atteint l'apogée de son développement et construit de nombreux monuments sous la période romaine. Cette ville florissante est toutefois détruite en 551, au cours de l'époque byzantine, par un terrible tremblement de terre et un gigantesque raz de marée.

Au milieu du VIIe siècle, Tripoli devient une importante base maritime sous les Omayyades. Elle gagne une certaine indépendance sous les Fatimides et s’impose comme un centre culturel dynamique.

Au début du XIIe siècle, Tripoli est assiégée par les Croisés qui l'occupent en 1109. La ville subit de grands dommages qui affectent particulièrement la riche bibliothèque constituée de milliers d'ouvrages de sa "Maison de la Science".

Au cours des Croisades, Tripoli est la capitale du Comté qui porte son nom. Elle tombe en 1289 entre les mains du Sultan Mamelouk Qalawun qui ordonne de raser la vieille ville, sur la presqu'île d'Al-Mina et de construire une nouvelle cité à l'intérieur des terres, au pied du Château franc.

Sous les Ottomans de 1516 à 1918, Tripoli garde sa prospérité. De nombreux monuments encore visibles aujourd’hui datent de cette période. 



La Grande Mosquée

Commencée en 1294 et achevée en 1315, la grande mosquée fut construite sur un monument croisé du XIIe siècle : la cathédrale de Sainte Marie de la Tour. La mosquée comporte une vaste cour entourée de portiques donnant sur une salle de prière couverte de voûtes et d'une coupole. Plusieurs éléments d'architecture occidentale parmi lesquels le portail nord et la tour du clocher de style lombard transformé en minaret sont visibles. Les nombreuses plaques inscrites, incrustées dans les murs de la grande mosquée, fournissent des informations sur le monument autant que sur les détails de la vie quotidienne de l'époque Mamelouk. 


Les Khans

Le khan al-Saboun

A l’origine une caserne, le khan al-Saboun date du XVIIe siècle. Sa structure est classique des khans avec sa cour intérieure. Réhabilité, il est consacré au commerce du savon.

 

Le khan al-Khayyatîne

Le khan al-Khayyatîne, ou "des tailleurs", fut construit durant la première moitié du XIVe siècle sur les ruines d'un édifice plus ancien. Aujourd'hui restauré, il consiste en une longue allée couverte, bordée de boutiques et de chambres à l'étage. Devant l'entrée ouest se dresse une colonne de granite surmontée d'un beau chapiteau corinthien en marbre.

 

Le khan al-Misriyyîne

Le khan al-Misriyyîne ou "le caravansérail des Égyptiens" date de la première moitié du XIVe siècle. Il adopte la disposition classique des établissements similaires avec une cour à ciel ouvert comprenant un bassin central et entourée de magasins au rez-de-chaussée et de chambres à l'étage s'ouvrant sous des portiques. 

La mosquée Taynal

En retrait de la vieille ville, la mosquée Taynal fut construite en 1336 sur l'emplacement de l'église croisée des Carmes par l'Émir Saïf ed-Dîne Taynâl, dont le mausolée se trouve accolé à la seconde salle de prière. Certains éléments de l'ancienne église, dont des colonnes de granite et des chapiteaux de marbre d'époque romaine, ont été réutilisés dans la première salle de prière. La porte monumentale qui sépare les deux salles de prière est un exemple de la richesse du décor architectural de l'époque Mamelouke. 

Le souk al-Haraj

Le souk al-Haraj est un monument exceptionnel du XIVe siècle. Ce marché couvert est occupé de nos jours par des matelassiers. Ses voûtes d'arêtes s'appuient sur 14 colonnes de granite qui semblent avoir appartenu à une structure plus ancienne. 

La Tour des Lions

Entre Tripoli et le port el-Mina, se trouve la tour des Lions. Alors que la plupart des tours et fortins qui protégeaient les rivages tripolitains à l'époque Mamelouke ont disparu ou ont été incorporés dans des constructions ultérieures, la Tour des Lions reste remarquablement bien conservée. Sa construction par l’émir Julban date du milieu du XVe siècle (1441-1442). Elle doit son nom actuel aux lions sculptés jadis au-dessus de son entrée. Elle est dotée d'une porte où alternent les assises de pierres blanches et noires et se compose de deux étages voûtés. Ses murs extérieurs montrent l'utilisation des fûts de colonnes romaines en boutisse. 

La Foire Internationale De Tripoli

A l’entrée sud-ouest de Tripoli, la foire internationale de Tripoli est un site atypique. Edifié entre 1968 et 1974, cet immense complexe architectural est l’œuvre du célèbre architecte brésilien Oscar Niemeyer. Toutefois, la construction de cet ensemble n’a jamais été achevée et reste dans un état de semi abandon.

Le château de Saint-Gilles (Qal'at Sanjil) :

L’intérêt touristique de la ville de Tripoli se situe autour du château des Croisés où se regroupent les souks et les multiples monuments mamelouks et ottomans.

Dominant la ville, le château de Saint-Gilles (Qal'at Sanjil) a fait l'objet de nombreuses restaurations et réfections au cours de son histoire. Sa construction remonte au XIIe siècle. Le château doit son nom à Raymond de Saint Gilles, comte de Toulouse qui le fit construire et y mourut en 1105. Aux mains des Mamelouks en 1289, le site fut incendié. Reconstruit en 1307-1308, le château a été restauré en 1521 par Souleyman le Magnifique. Toutefois, l'état actuel de cette puissante forteresse de 140 mètres de long et de 70 mètres de large, est dû aux grands travaux de restauration entrepris par Mustapha Barbar Agha, gouverneur de Tripoli au début du XIXe siècle. Cette citadelle est très impressionnante avec ses hautes murailles. L’entrée se fait par une porte Mamelouk. L’intérieur est constitué de nombreuses structures avec des cours, des escaliers et des salles voûtées. Le château conserve une construction octogonale d'époque fatimide (XIe siècle) transformée en église par les Croisés, en plus de quelques structures de l'époque des Croisades (XIIe – XIIIe siècles), des additions datant de l'époque Mamelouk (XIVe siècle) et de l'époque ottomane (XVIe siècle). Depuis les remparts, la vue est remarquable sur la vieille ville et les rives du Nahr Abou Ali.

Ouvert tous les jours de 8h à 18h (16h en hiver).

Entrée payante


La madrasa Al-Qartâwiyat

Autour de la grande mosquée, la madrasa Al-Qartâwiyat compte parmi les monuments les plus décorés de Tripoli. Construite en 1326 par l’émir Qaratay, cette madrasa (école coranique) conserve une porte d'entrée ornée de stalactites et de panneaux de marbres polychromes. Cette porte est considérée comme la plus somptueuse des monuments mamelouks de la région (Egypte et Syrie). Sa salle de prière est couverte d'une coupole ovale. 

La madrasa Al-Tuwashiyat

Doublée d'un mausolée, la madrasa Al-Tuwashiyat a été construite durant la seconde moitié du XVe siècle. Le mur de la façade avec ses assises alternées de grès et de basalte noir, est dominé par la porte dont le sommet, en forme de coquille, est décoré de zigzags rayonnants, de pendentifs et de colonnettes torsadées. 

La mosquée Al-Mu'allaq

Au sud-est de la vieille ville, la mosquée Al-Mu'allaq possède un minaret octogonal. Construite vers le milieu du XVIe siècle sous le règne de Souleyman le Magnifique, l’édifice doit sans doute son nom de "Mosquée suspendue" au fait qu'elle a été aménagée à l'étage. 

La mosquée et madrasa Al-Burtasiyat

Sur les rives du Nahr Abou Ali, la mosquée et madrasa Al-Burtasiyat, construite au cours du premier quart du XIVe siècle, est couverte de coupoles sur pendentifs. Son mur sud-est orné de marbres polychromes et comporte un mihrâb richement décoré d'une mosaïque dorée. Son minaret carré, orné de baies géminées, est construit immédiatement au-dessus de la porte. 

Les Hammams

Le hammam 'Izz ed-Dîne

Offert à la ville par son gouverneur 'Izz ed-Dîne Aïbak, mort en 1298 et dont la sépulture se trouve dans un mausolée adjacent, le hammam 'Izz ed-Dîne occupe l'emplacement de l'église et de l'hospice Saint-Jacques datant de l'époque des Croisades. Le porche conserve encore une plaque inscrite au nom du saint entre deux coquilles, tandis que le linteau de la porte est orné de l'Agneau pascal. Partiellement détruit et hors d'usage, il est aujourd'hui en cours de restauration.


Le Hammam al-Jadid

Quoique hors service depuis son expropriation et sa restauration au début des années 1970, le hammam al-Jadid "nouveau bain" construit en 1740, est le plus vaste ensemble de ce genre à Tripoli. 

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