Regions / Région de Akkar
Arqa

Le tell d’Arqa est remarquable par son élévation : 30 à 40 m de sédiments archéologiques accumulés. Par contre, sa superficie n’excède guère, au sommet, quatre hectares et demi. Son point le plus élevé (147 m d’altitude) domine la plaine et permet une vue étendue de Tripoli jusqu’à l’île de Rouad en Syrie, l’antique Arwad ou Arados.

Les fouilles archéologiques entreprises depuis les années 1970 sur le tell ont permis da découverte de nombreuses structures depuis le Bronze ancien (3000 - 1200 av J.-C.) jusqu’à l’époque mamelouke.

L’ancienne ville d’Arqa a joué un rôle important dans l’histoire de la région et son nom apparaît à plusieurs reprises dans la bible, dans les textes du IIe millénaire, de même que dans les textes assyriens du Ier millénaire avant l’ère chrétienne.

Au cours de l’époque romaine, Arza prit le nom de Césarée du Liban et l’empereur romain Alexandre Sèvére (205 apr. J.-C.) y naquit. La ville bénéficia largement des faveurs impériales. La zone urbaine couvrait alors une superficie de 40 à 50 ha.

Vers la fin du IVe siècle, le tell fut entouré d’une enceinte entièrement construite en pierres de taille et flanquée de grosses tours carrées.

Après la conquête musulmane, Arqa reste une forteresse importante. Propriété des gouverneurs de Tripoli de la famille des Banu Ammar, Arqa fut occupée en 1108 par les Croisés. Cette forteresse stratégique fut reconquise en 1266 par le sultan mamelouk Baybars.

De cette période de l’occupation croisée des traces importantes sont laissées sur le tell. Le rempart byzantin, partiellement debout, fut flanqué de tours carrées et protégées par un glacis, une fosse et un avant-mur. Ce rempart fut à son tour largement détruit, peut-être pour fournir des matériaux aux constructions de Tripoli à l’époque mamelouk, puis pour servir de carrière aux villages des environs.


Akkar el-Atiqa

Situé à proximité du village de Akkar al-Atiqa (qui signifie le vieux Akkar), un château se dresse sur un éperon rocheux à 694 m d’altitude. Cette forteresse fut construite vraisemblablement vers la fin du Xe siècle par un chef local Mouhriz Ibn Akkar. Occupée par les Croisés au XIIe siècle, elle fut reconquise en 1271 par le sultan mamelouk Baybars tout de suite après avoir pris le krak des Chevaliers (Syrie). Au début de l’époque ottomane, le château appartient à la famille féodale des Banu Sayfa et fut partiellement détruit en 1618 par l’émir Fakhreddine II. On raconte que des pierres du château ont été transportées à Deir el Kamar.

La forteresse était située à un endroit stratégique dans la région du Aakkar. Sa superficie est de 210 par 70 m. Aujourd’hui, le château jadis entouré de cinq tours rectangulaires est en ruine et très dégradé. A l’intérieur, le visiteur remarquera deux cours séparées par un fossé. La cour supérieure conserve les vestiges d’une citerne voûtée.

Au sud du château, la tour principale (13 par 13 mètres) est la mieux conservée. Elle porte à sa partie supérieure une frise de lions qui appartient aux travaux de restauration effectués par le sultan Baybars au XIIIe siècle. 

Akroum

La région d’Akroum compte plusieurs vestiges antiques : tombes construites de dalles de pierres, tombes mégalithiques, anciennes églises et ruines de temples romains.

A Jabal al-Hussein, se trouvent deux structures parallèles. La mieux préservée est au nord du site. Il s’agit d’un temple dont la cella est séparée du naos par un grand arc, permettant de penser que le monument quoique orienté vers l’ouest, fut transformé en une église. A proximité et au sud du précédent, il y a les ruines d’un autre temple, plus important par ses dimensions. Des fragments de corniches, des chapiteaux corinthiens et de moulures gisent à l’intérieur et autour du site.

A Wadi as-Saba (vallée du lion), se trouvent deux stèles vraisemblablement néo-babyloniennes. La première représente un personnage tourné à droite, coiffé d’une tiare, s’attaquent à un lion debout sur ses pattes arrière. Au-dessus de ce site, la falaise de la statue (Chir as-Sanam) comporte une autre stèle sculptée sur le rocher en forme de cône. Le bas-relief montre un roi tourné à droite, tenant un objet indéterminé dans sa main droite et un sceptre dans sa main gauche. On remarque également des emblèmes de divinités : étoile à sept branches d’Ishtar et un croissant de lune de Sin.


Menjez

Dans le secteur de Maqam ar-Rab ou Beït Jaalouk se trouvent les vestiges d’un petit temple construit en basalte au Ier siècle de notre ère. Ce temple connu également sous le nom de Namsis (dieu de la fortune et du destin) possède quelques dédicaces inscrites en grec, l’une d’elles a été gravée sur une base de statue en 262 ap. J.-C. par un prête nommé Drusus. Au cours de l’époque byzantine, le site fut transformé en église. Au nord du temple, du côté de la rivière Nahr Menjez, des canalisations d’eau de la période romaine sont préservées.

Le village de Menjez abrite l’église de Notre Dame du fort construite en 1890 sur les vestiges d’un ancien château franc, Qalaat el-Felis rendu en ruines peu visibles.


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