Regions / Batroun et sa région

Entre Jbeil et Tripoli, la région de Batroun s’étire du littoral au cœur du Mont Liban. Les paysages y sont ainsi contrastés. Les curiosités touristiques sont variées telles que Batroun, Mseilha, Smar Jbeil, Douma et Tannourine.



Batroun

Connue pour ses limonades, cette petite ville côtière est un dédale de petites ruelles pleines de charme où cohabitent d’anciennes maisons, des jardins, d’anciennes églises et des vestiges archéologiques.

 

Comment y arriver ?

Batroun est situé à 54 km au nord de Beyrouth. Prendre la voie rapide puis bifurquer à la sortie Batroun. Prendre la direction du centre-ville. Il est également possible d’y arriver par l’ancienne route côtière.

 

Histoire

L’histoire de Batroun est ancienne. Batrouna pour les Phéniciens, Botrys (grappe de raisins) à l’époque gréco-romaine et Bet Truna en syriaque est mentionnée au 14e siècle av. J.-C. dans les célèbres tablettes de Tell el-Amarna comme dépendance de Jbeil. La cité fut conquise au 7e siècle av. J.-C. par les Assyriens mais aussi par le roi séleucide Antiochos le Grand en 195 av. J.-C.. A l’époque romaine, Batroun était connue par ses vignobles alentours.

En 551 apr. J.C., la ville fut détruite par un violent tremblement de terre. Sous l’ère des Croisades, Batroun fut rattachée au Comté de Tripoli.

Au nord-est de la ville, on retrouve des restes de sept gradins taillés dans le roc d’un ancien amphithéâtre situé dans le jardin d’une propriété privée. La construction de cet édifice qui aurait commencé en  222 av. J.-C. sous l’empereur romain Élagabal ou Héliogabale ne fut jamais terminée. L’endroit est connu sous le nom de Mrah ech-Cheikh. A quelques pas de là, vous pouvez jeter un coup d’œil sur les motifs gravés sur l’arc d’une porte. Ils sont identiques à ceux de l’église Saint Georges située dans la vieille ville.

Près du petit port de pêche, vous ne pouvez pas manquer la façade de l’église maronite Saint Stéphan construite fin XIXe - début XXe siècle par un architecte italien. Elle peut accueillir plus de mille fidèles. Elle est considérée comme l’une des plus grandes du Liban. En s’aventurant dans la vieille ville, vous arrivez devant l’église orthodoxe Saint Georges terminée en 1867. A l’époque des Croisades, un fort fut érigé au centre de la ville. Le Sultan d’Egypte Qalaoun le fit détruire à la fin du 13e siècle. Quelques pierres attestent de sa présence. Adjacent à l’ancien fort, vous passerez devant l’église maronite Notre Dame de la Place datant de 1898. En arrivant sur le littoral, vous remarquerez le mur phénicien. Long de 225 mètres, ce mur servait de carrière à l’Antiquité (fin 2e et début 3e siècle av. J.-C.). Le site a connu ses heures de gloire au cours des époques hellénique et romaine.

Surplombant le mur de la mer, vous pouvez visiter la chapelle orthodoxe Sainte Marie de la Mer (Saydet el-Bahr) ornée de belles icônes. Ses origines restent obscures. La terrasse édifiée sous des arcades offre une vue splendide sur le mur phénicien.

Au sud de la vieille ville, se trouve une plage publique. Un petit rocher dans l’eau porte le nom de Maqaad el-Mir. 



Château de Mseilha

Situé juste avant le tunnel de Chekka en allant de Beyrouth vers Tripoli soit à 3 km après Batroun. Sortir de la voie rapide pour prendre une petite route sur votre droite. Traverser à pied le petit pont en dos d’âne qui enjambe le Nahr el-Joz (soit le fleuve des noix qui est souvent à sec en été) pour arriver au pied du château. Un chemin étroit parfois taillé dans la roche permet d’y accéder.

Cette forteresse perchée sur un promontoire rocheux fut l’emblème des billets de 25 livres libanaises qui aujourd’hui ne sont plus utilisés.

Construite sur un piton allongé et étroit à un endroit stratégique au point où la route entre Beyrouth et Tripoli contournait l’imposant promontoire de Ras ech-Chekka, cette petite forteresse est bien conservée. Ses origines restent encore indéterminées bien que des historiens datent sa construction au XIIIe-XIVe siècle. Certains disent que ce château date des Croisés, d’autres parlent des Mamelouks alors que certains évoquent l’émir Fakhr-eddine soit une construction au XVIIe siècle. A défaut de connaître son origine exacte, sa visite mérite le coup d’œil. Une fois les marches gravies, vous arrivez au niveau d’une plateforme où se trouve l’étroite entrée voûtée. Après le vestibule, vous serez dans la cour centrale qui donne accès aux différentes parties du château. La taille des murs varient de 1,5 m à 2 mètres. Il n’est pas nécessaire de s’aventurer dans tous ses recoins voûtés et sombres qui peuvent être dangereux faute de rénovation. 



Smar Jbeil

A 49 km de Beyrouth, quitter la voie rapide en direction de Rachana. Après avoir traversé ce village connu pour l’atelier de sculptures des frères Basbous, vous distinguerez après quelques minutes les restes d’un château croisé de Smar Jbeil.

Au centre du village situé à 475 mètres d’altitude se trouve la vieille église de Mar Nohra (Nohra veut dire lumière en syriaque) partiellement construite avec des matériaux empruntés à un temple romain et des vestiges antiques et médiévaux. Un escalier extérieur incorporé à la maçonnerie permet d’atteindre le toit selon un modèle fréquent dans l’architecture traditionnelle libanaise. L’entrée nord est ornée d’une chaîne dont les anneaux ont été taillés dans la même pierre. Cette curiosité n’est pas sans rappeler les chaînes au-dessus de la porte du Hammam al-Jadid à Tripoli.

Derrière cette église, vous remarquerez les restes d’une chapelle Notre Dame Al-Saydeh plus ancienne à nef unique précédée d’un petit porche. Des pierres antiques sont visibles dans l’un des murs.

Dominant le village sur un promontoire rocheux, vous ne manquerez pas le château croisé de Smar Jbeil dont certaines fondations ont été taillées dans la roche. L’accès y est libre. Avec son plan presque carré, son donjon central, ses tours carrées et son appareil de bossage, il rappelle fortement celui de Jbeil et doit appartenir à la première génération des forteresses du début du XIIe siècle. 



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